Les femmes menacées d’extinction
Les victimes de l’épidémie sida se féminisent dans la région de Diana. 75 % personnes dépistées positives sont de sexe féminin, notamment des femmes.
En effet, le dernier rapport de surveillance sur ce fléau fait état de 24 le nombre de personnes vivant avec le vih/sida dans cette région du nord sur environ 2000 qui se font dépister jusqu’ici. Et, sur ces 24 personnes séropositives, 18 d’entre elles sont de sexe féminin, 4 de sexe masculin. Les deux autres sont décédées, il n’y a pas si longtemps.
Au regard de ces chiffres, les femmes sont en fait pratiquement en train de devenir une « espèce menacée d’extinction » dans la région de Diana du fait de cette épidémie. Cette augmentation du taux d’infection chez les femmes remet en question l’efficacité des actions des promoteurs de la santé, basés dans la communauté, dans la mise en œuvre de la stratégie de prévention axée sur la fidélité l’utilisation du préservatif et surtout l’abstinence.
Cependant, l’évolution de l’épidémie est loin de se stabiliser car la Diana constitue l’une des destinations les plus prisées par des touristes étrangers donc propice à la prostitution et relations amoureuses. Il est fort probable que les rapports sexuels soient motivés par cette pauvreté.
Renforcées
Sur les 24 cas de séropositivité vih, 7 ont été découverts lors d’un test volontaire. 1 cas a été décelé lors d’un don de sang, 9 autres à travers la prévention de transmission mère-enfant et le reste se sont manifestés par des symptômes de maladie telle la tuberculose.
Ces statistiques inquiètent les autorités régionales, ce qui explique leur préoccupation croissante face à cette féminisation de l’incidence du sida dans la pointe Nord de la Grande île. Conscient de la menace que représente le sida, le Secrétaire général de la région Diana, Elysé Herilalao, assurant l’intérim du Chef de région depuis la disparition tragique de Nosy Harinony Jérôme Christophe le 16 mars 2006, a réuni, le mercredi 19 juillet, dans la grande salle du palais de Faritany d’Antsiranana, tous les directeurs et responsables régionaux, chefs des services déconcentrés, représentants du secteur privé et Ong oeuvrant dans la lutte contre le sida, des partenaires techniques et bailleurs de fonds. La pandémie du sida a été au centre des discussions.
Il a été décidé que, désormais, tous les secteurs sont impliqués dans la lutte contre la pandémie du sida. La réunion d’hier a débouché sur un engagement à redoubler les efforts et a dégagé les orientations et propositions pour renforcer la lutte contre le sida pendant les mois à venir. Ainsi, les activités de prévention de l’infection à vih/sida seront renforcées. Par ailleurs, les participants de la réunion d’hier ont préconisé la promotion des activités de conseils, l’amélioration des actions de sensibilisation et de dépistage volontaire comme la seecaline Antsiranana a fait depuis un certain moment.
Rolland A. Le Quotidien N°844 20 juillet 2006 |